Un front pour Cofinoga

Un front pour Cofinoga

Jean Lassalle chez Cofinoga avec Alain Cazabonne, Jacques Mangon, Martine Moga, Joan Taris pour soutenir les salariés, victimes du machiavélisme financier de la BNP.

Une semaine, jour pour jour, après l’annonce de la suppression de 433 postes, dont 397 sur le site mérignacais de Laser- Cofinoga, l’intersyndicale CFDT/CFTC/SNB/CFE/CGC, rejointe par l’UNSA, attendait hier matin, de pied ferme, le député Jean Lassalle, membre du comité stratégique de François Bayrou. Sous la bannière « Les déshérités de la galaxie BNP-Paribas », ne manquait que la CGT, qui faisait bande à part en envoyant à la même heure une délégation à la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB).

À Mérignac, les piliers locaux du Modem, Alain Cazabonne, Martine Moga, Joan Taris, Marie-Françoise Lire, Dominique Monnier, Pierre Braun, Jacques Mangon, entouraient le parlementaire venu soutenir les salariés qui contestent le bien fondé ce plan de sauvegarde de l’emploi : « Alors que l’entreprise continue de faire des bénéfices et est en train de monter des mécanismes comptables pour justifier ce PSE », tonne le porte-parole de l’intersyndicale Lionel Azoughali. Jean Lassalle pointe du doigt BNP Paribas, actionnaire à parts égales avec les Galeries Lafayette du groupe Laser Cofinoga : « Je vais proposer qu’une commission d’enquête parlementaire se penche sur l’activité de la banque qui enregistre 6 milliards de bénéfices et licencie plus de 400 personnes ! Scandaleux, surtout pendant une campagne électorale ! ».

Avec l’aide d’experts

Justement, le député des Pyrénées-Atlantiques suggère un front commun : « Il faut faire l’union sacrée avec Alain Juppé, maire de Bordeaux et Alain Rousset, président de la Région. Il ne s’agit plus d’une démarche politicienne mais d’une démarche de salubrité publique. En se débarrassant de ceux qui ont mis les Français dans l’embarras avec des crédits revolving, BNP Paribas coupe dans le vif pour se racheter une image. Une opération mains propres dégueulasse ».

Lundi, les élus du comité central d’entreprise se retrouveront à Paris pour connaître la nature du PSE et donc les propositions faites aux salariés : « Ce sera la première réunion des négociations qui vont durer des mois. Des experts vont nous épauler pour optimiser les conditions. Quand il y aura eu accord entre la direction et les syndicats, le PSE sera mis en œuvre », précise Lionel Azoughali. « Avec plusieurs cas de figure : départs volontaires, reclassements, aide à la création d’entreprise, congés formation. Et au bout de dix-huit mois, en dernier recours, les licenciements ». À ce jour, 120 propositions de reclassements sont dans l’air : 40 dans la filiale bordelaise Cetelem de BNP, 50 dans les magasins des Galeries Lafayette du pays, 10 dans la filiale anglaise de Cofinoga, 10 dans le groupe Laser et 10 dans la filiale Sygma.

À l’autre bout de la ville, une délégation de la CGT était donc reçue à la CUB par Bruno Fareniaux, le directeur de cabinet du président PS Vincent Feltesse. La délégation comptait 16 personnes, des élus CGT de Cofinoga, mais aussi des membres de l’union CGT de Mérignac et de l’Union départementale, ainsi que des salariés. La CUB a expliqué que, dans le cas de Cofinoga, elle adopte une démarche identique à ce qui avait été développé lors des déboires de Sogerma et surtout de Ford. À savoir une union des forces politiques locales, au-delà des clivages politiques. De fait, dans l’après-midi, les leaders politiques locaux (Michel Sainte-Marie pour Mérignac, Vincent Feltesse pour la CUB, Alain Juppé pour Bordeaux, Philippe Madrelle pour le Département et Alain Rousset pour la Région), ont publié un communiqué commun faisant part de leur « entière mobilisation auprès des salariés » et appelant à « une véritable politique de sauvegarde de l’emploi, à une implication totale des actionnaires dans le maintien et le développement des sites aquitains du groupe Laser ». Ils ont également fait par d’un courrier commun adressé au ministre de l’Économie et des finances, François Baroin, et au président de BNP Paribas.

« Dans le dossier de Ford, à chaque fois que l’union a prévalu, nous avons avancé. Et quand il y a eu des moments où l’union s’est affaiblie, nous n’avancions plus », se souvient Bruno Faréniaux. Ce dernier a par ailleurs conseillé à la délégation CGT de rejoindre l’intersyndicale, car « eux aussi doivent parler d’une seule voix ».

(Article Sud Ouest – 28/01/2012)

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