Sud-Ouest : Le chef au centre

Sud-Ouest : Le chef au centre

Sud-OuestLE MODEM 33 APRÈS LA GRANDE-MOTTE. Les édiles centristes girondins convaincus par la stratégie de François Bayrou


Le chef au centre

 

Alain Cazabonne et Joan Taris, plus que jamais aux côtés de François Bayrou. (Archives Ph. Taris et A. sioc'han)
Alain Cazabonne et Joan Taris, plus que jamais aux côtés de François Bayrou. (Archives Ph. Taris et A. sioc’han)
 

«Quand Nicolas Sarkozy débauche des socialistes, cela ne choque personne mais quand François Bayrou veut discuter avec les socialistes, il passe pour un gauchiste. » De retour de l’université d’été du Modem qui s’est déroulée ce week-end à la Grande Motte (Hérault), Alain Cazabonne ne se dit pas surpris par la position prise par son leader (lire « Sud Ouest » d’hier). Pour lui, « l’enjeu aujourd’hui est d’amorcer une alternance » dans la perspective de la présidentielle de 2012.

Alain Cazabonne n’oublie pas qu’il a voté pour Nicolas Sarkozy au second tour en 2007. Mais il ne se reconnaît pas dans la politique élyséenne menée aujourd’hui : « Et je pense que certains gaullistes historiques ne s’y retrouvent pas non plus. »

Modèle de société

Le président départemental du Modem, Joan Taris, ne dit pas autre chose. À Nicolas Florian, le secrétaire départemental de l’UMP, qui estime que le parti de François Bayrou « est désormais un allié de la gauche », il réplique : « Il ne s’agit pas d’un virage à gauche ; c’est une évolution naturelle face à la réalité du pouvoir exercé par Nicolas Sarkozy qui diffère de ses discours lors de la campagne électorale. Aujourd’hui, notre opposition s’inscrit en termes de modèle de société, pas dans le clivage politicien droite-gauche. L’alternance est à construire pour ne pas en prendre pour dix ans. »

Dans cet esprit, dialoguer avec ceux qui ont le même objectif paraît au Modem girondin logique, afin de « mettre en lumière les points de convergence mais aussi de divergence. Ce ne sera pas une discussion d’appareils. L’arbitrage se fera au premier tour de la présidentielle car le Modem n’est absolument pas concerné par les primaires à gauche. » On imagine mal en effet François Bayrou céder sa place, toute la stratégie étant au contraire pour lui de décrocher la victoire en 2012…

Si Joan Taris admet que les effort centristes ont été « ébranlés » lors des dernières Européennes, il pense que le Modem « a su tirer la leçon de cet échec » et qu’il peut repeser sur l’échiquier pour peu qu’il propose « un projet de société ». Pour peu aussi de « faire oeuvre de beaucoup de pédagogie car, c’est vrai, on n’a pas été compris par les électeurs ». L’UMP Nicolas Florian et le premier fédéral PS, Ludovic Freygefond, ne trouvent d’ailleurs toujours pas la position du Modem très claire. Le socialiste, en tout cas, n’est pas convaincu : « Je ne pense pas que François Bayrou soit un homme de gauche… » Et de prévenir. Au cas où Joan Taris viendrait frapper à sa porte pour « dialoguer », il annonce : « Je le renverrais à Paris, car l’enjeu, on l’a bien compris, est national. »

L’aventure régionale

En attendant, le test des élections régionales sera important pour les centristes. Alain Cazabonne et Joan Taris se félicitent que le Modem fasse cavalier seul au premier tour. Ils y voient la preuve de son autonomie. Cela réjouit Pierre Braun, le jeune et bouillonnant secrétaire départemental, qui renvoie dos à dos « Alain Rousset qui manque cruellement de panache » et « Xavier Darcos, plus que jamais fantomatique ». Ce jusqu’au-boutisme, Pierre Braun aimerait bien le voir vivre à la CUB avec un groupe Modem autonome. Mais ce raisonnement ne s’applique pas, à entendre ces édiles Modem, aux équipes municipales. Au nom de ce qu’Alain Cazabonne appelle « la démocratie de projets ». Nicolas Florian pense cependant qu’à un moment, « la question de confiance risque d’être posée ». Deux élues régionales Modem sortantes, Véronique Fayet et Laurence Dessertine, appartiennent en effet à l’équipe municipale bordelaise d’Alain Juppé.

Auteur : Anne -Marie Simeon

4 réactions au sujet de « Sud-Ouest : Le chef au centre »

  1. Ravi de voir que ceux que le journaliste appelle « les édiles centristes girondins » approuvent l’orientation claire et nette de François Bayrou : si on s’oppose fermement à la politique d’inégalités de l’UMP (et pas seulement de « Sarkozy »)il est logique que l’on s’inscrive dans le « camp » de ceux qui se doivent de proposer autre chose.
    Accepter cette évolution logique n’est évidemment pas facile pour ceux qui ont voté pour Sarkozy en 2007 (ce n’est pas mon cas, vous vous en doutez !)et qui se sont engagés avec l’UMP aux municipales, ce qui risque d’apparaître de plus en plus en porte-à-faux..
    Il me semble que Nicolas Florian agite déjà quelque peu la menace. Qu’entend-il par « question de confiance » ? Veut-il que Véronique Fayet et Laurence Dessertine prennent publiquement leurs distances avec l’orientation de leur parti ?

  2. Véronique Fayet et Laurence Dessertine ?
    Ou est le problème? Que je sache la mairie de Bordeaux n’appartient pas à l’UMP…
    Encore de la politique politicienne…même au MODEM…!
    Assez! les élus locaux sont avant tout des gens de terrain et doivent de ce fait travailler pour la collectivité, quelle que soit la couleur…Je suis MODEM, je vote MODEM, et suis encore un peu utopiste sur la volonté des hommes, comme François…

  3. Je m’aperçois que tout était déjà dit dans la presse le 8 septembre, sur un point de débat qui figurait à l’ordre du jour du Conseil Départemental de ce lundi 14 septembre.

    Une fois de plus, la preuve est faite qu’il n’est tenu aucun compte de l’avis des adhérents (ou de leurs représentants).

    Faire de la politique autrement, se prôner mouvement démocrate, mais toujours avec les mêmes vieilles habitudes.

  4. @ Catherine : il faut que tu m’expliques ton commentaire, je ne comprends pas. Dans cette article il n’est que demandé l’avis de personnes du MoDem à propos de l’université de rentrée. Le Conseil départemental n’a aucun rapport. Une conférence de presse a justement eu lieu le lendemain de ce Conseil pour donner l’avis du mouvement départemental cette fois. Où est le mal ???

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *