Sud Ouest : François Bayrou : « Si la droite avait été à l’image de Juppé… »

Sud Ouest : François Bayrou : « Si la droite avait été à l’image de Juppé… »

SO04.05.13Le président du Modem et le maire de Bordeaux se sont rencontrés vendredi en Gironde. Retrouvailles entre deux hommes qui aspirent à être des sages.

On pourrait appeler ça la rencontre des Premiers ministres virtuels. Si Nicolas Sarkozy avait été réélu chef de l’État, Alain Juppé aurait retrouvé, seize ans après, son bureau à Matignon. Quant à François Bayrou, si on en croit le sondage paru dans le dernier « Journal du dimanche », c’est lui que les Français verraient conduire un gouvernement d’unité nationale. Dans lequel Alain Juppé aurait certainement un ministère important.

Sauf que le maire de Bordeaux ne croit pas à cette fameuse unité nationale dont le Béarnais a fait son cheval de bataille. « Il n’y croit pas aujourd’hui. Mais demain ? » lance le président du Modem.

Ce gouvernement virtuel a évidemment fait partie des sujets que les deux hommes ont abordés, en toute sérénité, hier après-midi, dans le bureau d’Alain Juppé à la mairie de Bordeaux. François Bayrou était en effet dans la capitale aquitaine pour une réunion politique régionale avec les cadres du Modem puis pour présenter son livre « De la vérité en politique » à la librairie Mollat.

Constat identique

Alain Juppé et François Bayrou, s’ils ne militent pas dans le même parti, ont toujours entretenu des rapports cordiaux, fondés sur une estime et un respect réciproques. Et pas seulement parce qu’ils ont tous les deux le même ADN littéraire.

« Je connais ses défauts, il en a quelques-uns, et il connaît les miens, j’en ai quelques-uns, explique le fondateur du Modem. Avec Alain Juppé, nous parlons en toute liberté, parce que nous savons que cela restera entre nous. Et puis, si la droite avait été à l’image d’Alain Juppé, vous croyez franchement que le pays en serait là aujourd’hui et que j’aurais eu le même parcours politique ? »

François Bayrou n’en veut donc même pas à Alain Juppé d’avoir créé l’UMP, ce parti à l’origine de sa dissidence.

Et Alain Juppé semble avoir pardonné à François Bayrou son vote du second tour pour François Hollande. « Et moi, je lui ai pardonné d’avoir voté Sarkozy. »

Si on en croit les rares confidences lâchées par les deux hommes à la sortie de leur demi-heure d’entretien, leur constat sur la santé et l’état du pays est identique. François Bayrou ne décolère pas contre la cacophonie gouvernementale ou les casseroles qui s’additionnent sur la classe politique : Jérôme Cahuzac hier, Claude Guéant aujourd’hui. Et demain, ajoute-t-il, peut-être Christine Lagarde pour l’affaire Tapie.

Apaiser

S’ils n’ont pas renoncé à un avenir électoral, les deux hommes se plaisent à jouer les sages, plus disponibles pour apaiser leur pays que pour verser du citron sur les plaies. « Nous sommes à égalité au deuxième rang des hommes politiques les plus populaires, un point derrière Manuel Valls », souligne d’ailleurs François Bayrou.

Hier après-midi, le président du Modem est aussi venu dire à Alain Juppé que son parti le soutiendrait lors des prochaines échéances électorales girondines, à commencer par les municipales.

À Bordeaux, les centristes ont choisi leur camp et défendent Alain Juppé sans modération. Notamment contre Vincent Feltesse, le socialiste qui devrait l’affronter et dont Joan Taris, le président girondin du Modem, a été l’un des plus virulents adversaires à Blanquefort.

Source : Sud Ouest du 04/05/13

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