François Bayrou sur France Inter lundi 5 janvier

François Bayrou sur France Inter lundi 5 janvier

François Bayrou était l’invité de Nicolas Demorand sur France Inter ce matin.

Commentant le voyage de Nicolas Sarkozy au Proche-Orient, il a estimé que cette visite en pleine offensive terrestre israélienne dans la bande de Gaza fait courir « un risque de dispersion » de l’action de l’Union européenne dans la région.

Le président du Mouvement Démocrate a par ailleurs qualifié de « régression très grave » le projet de réforme du gouvernement concernant le recrutement des enseignants du secondaire.
(lire la suite)…

Alors que Nicolas Sarkozy commence lundi en Egypte, Cisjordanie et Israël, une tournée éclair de deux jours au Proche-Orient, pendant qu’une mission européenne pilotée par le ministre tchèque des Affaires étrangères, Karel Schwarzenberg, est également présente depuis dimanche dans la région, dans l’espoir d’obtenir un cessez-le-feu, François Bayrou a déclaré ce matin :

« J’imagine que si Nicolas Sarkozy a choisi d’y aller, c’est parce qu’il a des éléments qui lui permettent de penser que cette visite va être utile », a-t-il déclaré, évoquant par exemple la possibilité d’obtenir un « cesser-le-feu » ou un « corridor humanitaire ». « S’il pense qu’il a une chance de débloquer quelque chose, il a raison d’y aller, mais le risque c’est la dispersion », a-t-il ajouté, soulignant que M. Sarkozy n’était plus président de l’UE depuis le 1er janvier….

Selon le président du Mouvement Démocrate, « le fait qu’il y ait en concurrence et en même temps la délégation de l’Union européenne officielle et d’un autre côté le président de la République française peut faire courir un risque de dispersion ».

« Si vous avez chacun des pays de l’Union européenne qui s’exprime en son propre nom, ça veut dire évidemment que l’Union européenne n’a pas de voix et si l’Union européenne n’a pas de voix, eh bien nous ne pouvons pas nous faire entendre », a-t-il insisté.

A propos du projet de réforme du gouvernement concernant le recrutement des enseignants du secondaire, François Bayrou, ancien ministre de l’Education nationale, s’est insurgé contre le fait que les enseignants soient « recrutés sur autre chose que la maîtrise de la discipline qu’ils auront à enseigner ». « Je considère que c’est une régression très grave » contre laquelle il faut que « la communauté universitaire se mobilise », a-t-il dit.

Déplorant la suppression, pour « le principal concours de recrutement des enseignants de l’enseignement secondaire », le Capes, des « épreuves disciplinaires : les langues pour les linguistes, les mathématiques pour les mathématiciens, le français, le latin et le grec pour les professeurs de lettres classiques », il a déclaré « c’est une régression incroyable parce que ça veut dire qu’on ne recrutera les enseignants que sur quelque chose de totalement subjectif qui est la capacité oratoire dans une épreuve pédagogique ».

Les futurs concours de recrutement des enseignants présentés en octobre par le gouvernement et qui s’appliqueront dès la session 2010, seront organisés, sauf pour l’agrégation, en 4 épreuves, contre de 4 à 8 actuellement selon les disciplines et les concours. Pour être admissibles, les candidats devront passer deux épreuves écrites orientées sur le savoir académique, avec éventuellement une partie portant sur la connaissance de « l’épistémologie » de la ou des disciplines.
La nouveauté réside surtout dans les épreuves orales d’admission, qui porteront, en primaire comme dans le secondaire, davantage sur la capacité à organiser un enseignement (l' »exercice pédagogique ») et la connaissance du système éducatif (« entretien avec le jury »).

14 réactions au sujet de « François Bayrou sur France Inter lundi 5 janvier »

  1. Merci d’avoir mis cette actualité, Gaza est un sujet brulant sur lequel un parti qui se veut démocrate et humaniste se doit de prendre une position claire et forte.

    Je regrette que François Bayrou n’ait pas dégommé de manière directe Nicolas Sarkozy: il était illusoire de se dire que celui-ci pouvait faire quoi que ce soit au Moyen Orient. Ce conflit ne trouvera pas sa solution en un jour.

  2. La France ne représente rien par rapport à ce problème.

    L’Europe pourrait, mais l’Europe politique n’existe pas.

    L’Iran est au centre de la cible, et les tireurs sont les States (Barack), la Chine et la Russie.

    Israël anticipe.

    Ça fait peur…

  3. Bonjour Start. Bonjour Paul.
    Continuons, à notre niveau, et avec nos moyens, de dénoncer la barbarie dont les habitants de la bande de Gaza sont victimes. Et cela pour deux raisons :
    – les palestiniens ont connaissance de nos dénonciations des actes de guerre perpétrés par Israêl et de nos actions de soutien à l’égard de leur peuple. C’est la magie d’internet : vous pouvez fermer toutes les frontières, empêcher les hommes et les femmes de circuler librement, l’information, elle, continuera d’être diffusée.
    – nos dirigeants sont sensibles à « l’écho de la rue ». Samedi dernier 3000 personnes se sont réunis à Bordeaux pour condamner cette barbarie. Jamais la cause Palestinienne n’avait rassemblé autant de personnes.
    Pour ce qui est de l’action de Nicolas Sarkozy, mon opinion est plus nuancée que la vôtre, Start et Paul. Nous ne pouvons pas reprocher à notre Président de s’engager directement pour la cause d’un cessez le feu. S’il n’avait rien fait, nous aurions parlé d’immobilisme, d’attentisme, de frilosité…La France compte de nombreux pays amis au Moyen Orient : le liban, la syrie, la jordanie, l’égypte…Elle peut jouer un rôle prépondérant. Ce qu’il réalise est risqué. Mais je pense que la légitimité politique est à ce prix.

  4. Oui, mais…

    Ce qui m’embête, c’est que ces manifs peuvent facilement soutenir le Hamas et tous ceux qui contestent le droit à l’existence d’Israël (pour ne pas dire des juifs).

    Par exemple, hier soir, à l’excellente émission de Taddéi, l’insupportable représentante des « Indigènes de la République » masquant son antisémitisme viscéral derrière un prétentieux jargon intellectuel.

  5. Le risque est réel d’une « importation du conflit » en France. Et l’ignorance encourage la radicalisation des discours. Une radicalisation fortement regrettable et que nous devons condamner.
    Le conflit Israëlo-palestinien n’est pas l’illustration d’une guerre de religion. Le conflit Israëlo-palestinien est, avant tout, un conflit de territoire qui prend sa source en 1948. C’est un conflit politique.
    Présent en Palestine pendant la campagne des élections législatives, il y deux ans, j’ai rencontré un permanent de la Croix Rouge International. A ma question : »qui sera le vainqueur des urnes entre le Fatah et le Hamas ? » il m’a répondu « entre des démocrates corrompus et des religieux intègres, qui choisirais-tu ? ».
    Le peuple palestinien est un peuple laïc. Le blocus de la bande de Gaza affamait (et affame toujours) la population palestinienne. Et plus un peuple est opprimé, plus il rentre en résistance…Aujourd’hui, les territoires palestiniens ne représentent plus que 12% de la Palestine d’avant 1948. Des territoires émiettés où il est interdit de circuler librement. L’oppression est mère de toutes les radicalisations, et je suis d’accord avec toi, l’ignorance aussi.

  6. GAZA : ARRÊTEZ LE MASSACRE, PLACE À LA PAIXPartager
    mercredi 31 décembre 2008 à 15:50 | Modifier l’article | Supprimer

    Avec déjà plus de 370 morts et la poursuite des bombardements de civils dans le sud d’Israël, il est temps de demander aux dirigeants mondiaux de faire cesser l’escalade de la violence qui caractérise le conflit israélo-palestinien depuis trop longtemps.

    Signons la pétition, demandant un cessez-le-feu immédiat à Gaza et que la paix règne enfin entre Israël et la Palestine en 2009.

    http://www.avaaz.org/fr/gaza_time_for_peace/

    Pendant que nous sommes témoins de l’horrible massacre se déroulant en ce moment à Gaza, atterrés par la façon avec laquelle la crise s’aggrave hors de tout contrôle, une seule chose semble claire : cette escalade de violence n’apportera que des souffrances supplémentaires aux civils.

    Une solution alternative doit être envisagée afin de résoudre cette crise continue. Plus de 370 personnes sont mortes et des centaines sont blessées. Les tirs de roquette secouent Ashdod, au coeur d’Israël, pour la première fois, tandis que les zones frontalières se mobilisent en vue d’une invasion. À présent, une réponse internationale s’est fait entendre. Or, des actions fermes de la communauté internationale, et non des déclarations, seront nécessaires pour arrêter la violence immédiatement et faire régner la paix.

  7. @Thierry

    J’aurais volontiers répondu au représentant de la Croix-Rouge par une autre question : « entre la corruption d’un démocrate et le fanatisme d’un religieux intègre qu’est-ce qui est le plus difficile à soigner? » .

    A part ça, Thierry, comme tu as l’air de bien connaître la question, l’état palestinien, on le met où (à part à la place d’Israël)?

  8. Paul,
    L’histoire du conflit répond à ta question : plusieurs millions de réfugiés palestiniens se trouvent actuellement dans des camps au Liban, en Jordanie, en Egypte, en Syrie…Les nations unis avaient partagé la Palestine de la manière suivante : 65% pour Israël et 45% pour les palestiniens. Le rapport aujourd’hui est de 88%-12% en faveur d’Israël depuis la construction du mur de l’apartheid qui sépare les deux territoires sur 700 kms.
    Une population soumise aux tirs d’un conflit armé (il en existe des centaines dans le monde) peut décider de partir, de migrer. Cette solution n’est pas envisageable pour les habitants de la bande de Gaza. La frontière avec l’Egypte est fermée et le blocus à la limite avec Israël est maintenu. Les écoles, les lieux de cultes ne sont plus des zones de protection pour les civils. Dans ce cas précis, il ne reste plus que la chance ou … la prière.

  9. Le partage 65 / 45 par les Nations Unies, ça date de quand ? 1948 ?

    Je trouve qu’on doit être clair sur ce sujet, avoir une vision politique réaliste et juste. Que disait François dans son programme présidentiel ? S’il ne disait rien de précis il va falloir le faire…

  10. J’ai oublié de réagir à l’expression « mur de l’apartheid » : je la trouve aussi déplacée que le slogan « Israël Assassin » qu’on entend dans les manifs.

    Il y a là quelque chose de malsain et manipulateur, qui cherche à faire croire, de façon « subliminale », que les juifs ne valent pas mieux que les nazis. C’est inadmissible.

    Ils se sont défendus et se sont imposés (sinon ils seraient tous morts). Maintenant, il faudrait qu’ils comprennent qu’on ne peut pas humilier sans cesse le vaincu, surtout quand celui-ci peut s’estimer spolié.

  11. Paul, le mot apartheid ne provient pas de la période 39-45 et de la barbarie nazie comme tu sembles le sous-entendre. L’apartheid était une politique de développement séparé affectant des populations selon des critères raciaux ou ethniques dans des zones géographiques déterminées et fut élaborée en Afrique du Sud en 1948. C’est justement de Soweto, en février 2008, que le manifeste contre l’apartheid israëlien a été lancé.
    Etablir un raccourci et comparer juifs et nazis ne me serait jamais venu à l’esprit. La période, la génération, le contexte, l’historicité, les exactions ne sont absolument pas comparables.
    Je t’encourage à lire les articles d’Hedy Epstein. Hedy Epstein est une survivante de l’Holocauste, née en 1924, dont les parents ont été déportés à Auschwitz, où ils ont péri. En 2003, elle a décidé de faire un voyage en Palestine. Horrifiée par les mauvais traitements que les soldats de l’armée israélienne font subir au peuple palestinien, elle se consacre, depuis lors, à les dénoncer. Elle n’est pas la seule. Des membres de la communauté juive participent, en France et dans d’autres pays, aux manifestations de soutien aux palestiniens. Ensemble, nous refusons ce qu’Anna Arendt appelait « la banalité du mal ». Ceux qui choisissent d’accomplir les activités les plus monstrueuses ne sont pas si différents de nous, d’où la nécessité de continuer à penser, à s’interroger sur soi, sur ses actes et sur la norme.

  12. Pour ceux qui s’étonnent que certains crient: « Israël assassins », lisez donc le monde d’aujourd’hui. On parle de phosphore blanc, ou encore de DIME, utilisés en zone urbaine.

    Paul, tu es beaucoup intervenu sur ce sujet en te plaçant en défenseur d’Israël donc je te réponds sur quelques points:

    – La résolution 242 de l’ONU, adoptée par le Conseil de sécurité de l’ONU juste après la guerre de 1967, définit la « frontière internationalement reconnue » d’Israël. C’est sur cette base que toutes les initiatives sérieuses de paix ont été basées, et pour recadrer quand tu parles de 1948, il s’agit de l’année de l’indépendance d’Israel.

    – critiquer Israël, parler des tueries de civils commises par l’IDF à Gaza, n’est pas comparer les israéliens aux nazis. La Shoah est un traumatisme et permet de comprendre beaucoup des actions d’Israël, et personne ne s’amuse à dire que les israéliens cherchent à exterminer les palestiniens. Mais cela ne peut justifier en aucun cas les colonies sauvages ou les horreurs qui se produisent à Gaza en ce moment, et instrumentaliser la Shoah pour défendre des choix politiques d’Israël est déplacé.

    D’ailleurs fais attention aux termes, beaucoup de juifs français apprécieraient moyennement que soit fait l’amalgame entre eux et les décisions du gouvernement israélien, surtout dans des circonstances si chargées. Ceux qui vivent en Israël sont des israéliens, dont une majorité est de confession juive. Mais les juifs qui vivent en France ne sont pas israéliens.

  13. il n’y a aucun parti à prendre entre les israéliens et les palestiniens, le sujet est politique et non religieux. La seule chose qui saute à mes yeux c’est le nombre de morts du côté palestinien dans les civils innocents , des femmes et des enfants, qui n’ont rien fait pour se trouver là. Si les accord de 1967 avaient été respectés ils n’en seraient pas là ni les uns ni les autres et beaucoup d’israéliens ne souhaitent que la paix autant que les palestiniens et ce depuis longtemps.

  14. Ma réaction a été pour rappeler ceci : Israël est entouré de pays et de forces qui ne reconnaissent pas son droit à l’existence.

    Un peu échaudé par l’Histoire (la Shoah) il a compris qu’il valait mieux être capable de se défendre soi-même que d’aller se plaindre à la maîtresse. Parfois, se défendre consiste à attaquer.

    Le jour où les ennemis d’Israël auront renoncé à l’idée que l’existence même de cet Etat est de la « colonisation » la paix sera possible. Et on pourra enfin ne plus avoir à pleurer des morts innocents.

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